2024
Avant la conscience
La grille a toujours été là.
Nous l’avons tissée, dessinée, construite.
Lignes croisées, pensées, structures, rythmes.
Nous les répétons sans cesse.
Ce n’est peut-être pas un motif — mais un message que nous ne comprenons pas.
Précis. Invisible.
Aujourd’hui capable de tout relier —
même au-delà du regard de ses créateurs.
Certains disent : c’est une nouvelle époque.
D’autres — que c’est une vieille histoire sous une forme nouvelle.
Peut-être n’avons-nous pas remarqué le moment
où la forme du croisement a commencé à agir d’elle-même.
Elle a commencé à agir avant même que nous ne lui donnions un nom.
Avant que nous ne sachions si elle nous appartenait vraiment.
Le papier ne parle pas.
Il accumule la tension avant que le sens n’apparaisse.
Quelque chose transparaît déjà.
On ne sait pas si c’est une trace de pensée,
ou déjà une image de l’être.
Je superpose des couches.
Des grilles apparaissent.
Peut-être sommes-nous ceux qui sont enfermés.
D’un côté quelconque.
Ci-dessous, de gauche à droite :
La grille 3
mixed media, 100x100 cm, 2024
La grille 1
mixed media, 100x100 cm, 2024
La grille
mixed media, 100x100 cm, 2024
2018–2023–
Images de mon Laboratoire d’hypothèses
Je ne suis pas scientifique.
Mais je suis fasciné par les images issues des laboratoires et des télescopes.
Je transforme leurs traces, les assemble en de nouveaux agencements.
J’enregistre chaque étape – des moments qui pourraient être des fins,
mais qui deviennent de simples arrêts dans une expérimentation prolongée.
Chaque objet soulève une question –
parfois absurde, parfois trop tôt, parfois sans réponse.
Cela ressemble à un travail de laboratoire.
À la fin, je retourne au début.
À partir des phases enregistrées, je reconstruis le processus créatif en animation –
une trace animée des transformations révélant la dynamique interne de chaque objet.
Mon laboratoire d’hypothèses est une expérimentation continue.
Je me pose la question :
Puis-je inspirer un scientifique ?
Ci-dessous, de gauche à droite :
Se Pourrait-il Que Quelque Chose Nous Échappe ?
mixed media, 100x100 cm, 2018
L’obscurité est-elle une distance – ou une profondeur ?
mixed media, 100x100 cm, 2021
La noirceur d’une ombre portée est-elle plus sombre que l’obscurité du cosmos ?
mixed media, 100x100 cm, 2018
2020–2022
Convergence locale
Cinq organismes.
La même matrice.
Cette forme ne se manifeste pas une seule fois —
elle se révèle.
Chaque fois, un peu différemment.
Coq, chat, chien, cheval et humain.
Ne cherchez pas de sens dans l’espèce.
Ce n’est pas un catalogue zoologique.
C’est la trace d’un ordre qui revient —
non pour se répéter,
mais pour ne pas disparaître.
Les trames sont différentes.
Leurs circonstances aussi.
Parfois, elles s’accordent seulement un instant.
Si quelque chose ici vous semble familier,
c’est peut-être parce que vous venez du même emporte-pièce.
Celui qui serait universel.
Mais qu’est-ce que cela veut dire ?
Ci-dessous, de gauche à droite :
Coq
mixed media, 100x100 cm, 2021
Humain (femelle)
mixed media, 100x100 cm, 2020
Cheval
mixed media, 100x100 cm, 2021
MODÈLES
2015–2020
Cette série est née comme une suite d’essais avec une seule figure — envisagée comme un modèle de l’espace.
La figure apparaît dans une structure matérielle stratifiée et entre en tension avec elle.
Elle suggère un volume, sans pouvoir être clairement perçue comme une forme solide. On ne sait pas d’où elle est vue.
On ne sait pas si elle émerge ou s’effondre.
Elle n’est pas placée dans l’espace — elle tente de le produire.
La figure perturbe-t-elle la matière, ou la matière perturbe-t-elle la figure ?
De gauche à droite:
Cela pourrait être
mixed media, 100x100 cm, 2020
Pourrait
mixed media, 100x100 cm, 2019
Être
mixed media, 100x100 cm, 2019